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Avec près de 1 000 pages d’équations, la méthode de calcul THBCE , la RT 2012 s’avère difficile à comprendre et à décrypter, même par les experts. Si l’on y ajoute les autres règles de calcul associées (TH-BAT) qui doivent être révisées et complétées, on en arrive à une réglementation très complexe. Afin de faciliter sa compréhension, voici quelques explications sur les grands points de cette réglementation.
La réglementation est basée sur 3 grands points d’étapes :
Premier point : le BBIO
Le BBio obtenu doit être inférieur à un niveau BBio Max modulé en fonction de différents paramètres dont :
la zone climatique H, en ce qui concerne le Lot, nous sommes dans la zone H2C
l’altitude,
la taille et le type de programme,
les catégories de bâtiment CE1/CE2 (avec ou sans recours au rafraîchissement).
Source carte : promotelec
Ce nouveau point d’étape, indispensable, doit être respecté et validé dès le dépôt du permis de construire. Comme pour les éléments de l’enveloppe et de la structure, l’orientation, inclinaisons, performances des baies et gestion des protections doivent être prises en compte. C’est un point novateur qui va conduire à un véritable dialogue constructif entre maître d’ouvrage et maitre d’œuvre.
Deuxième point : la TIC
Après le Bbio, la Tic (température intérieure conventionnelle) est le second point d’étape. Elle exprime le niveau de température ambiante conventionnel obtenu en période estivale de forte chaleur. Comme pour le BBio, le niveau Tic devra être inférieur à un niveau de référence. Faute de temps, cet indicateur mis en place avec la RT 2000 est inchangé. Avec l’évolution du climat et des aléas climatiques, le confort estival est pourtant un point essentiel qu’il est nécessaire de bien maîtriser. On ne peut pas jouer aux apprentis sorciers, avec des bâtiments hyper isolés, étanches, sans inertie thermique qui seront vite invivables dès les beaux jours sauf à recourir à une climatisation «énergivore».
Si de nombreuses caractéristiques minimales sur l’isolation thermique ont été levées, d’autres sont mises en place :
Ce n’est qu’après une bonne conception du bâtiment validant les niveaux BBio et Tic, que l’on pourra passer au calcul des consommations en énergie primaire (le Cep).
Troisième point le : le CEP
Le Cep est le troisième point d’étape, avec la valeur emblématique de 50 (45 pour le Lot). Exprimé en kWh ep/m2.an, le Cep donne une indication conventionnelle des consommations de chauffage, climatisation (éventuelle), eau chaude sanitaire, éclairage, auxiliaires, l’apport d’énergie électrique produite sur le site pouvant être déduite (solaire photovoltaïque, cogénération). Le calcul est bien sûr conventionnel, avec des données établies par zone climatique. Il s’agit donc d’un scénario conventionnel d’usage des différentes zones du bâtiment (niveau et rythme de la température ambiante, de la ventilation, de l’éclairage, des besoins en eau chaude sanitaire, des apports internes, …).
Remarque importante : la valeur Cep calculée est similaire au niveau de consommation « UTAC » de nos voitures. En fait, le résultat final obtenu va dépendre des conditions réelles d’utilisation, du mode de conduite et d’entretien des équipements, du comportement plus ou moins vertueux des usagers. Il sera malheureusement très difficile de pouvoir connaître le niveau réel de consommation d’autant qu’il est lié aux autres usages de l’énergie dans le bâtiment (domestiques, multimédia, bureautique).
Le chauffage comme le poste de l’ECS sont en pleine mutation, l’un diminuant et l’autre devenant prépondérant. Un degré de plus ou de moins en température ambiante signifie 15 à 20 % de consommation en plus ou moins, et non 7 % comme calculé dans les années 80.
Le poste eau chaude sanitaire devient prépondérant, et il sera nécessaire d’y réaliser de nombreux efforts, à la fois sur les points d’utilisation, la distribution, le stockage et la génération. Le recours a des concepts performants avec de l’énergie renouvelable (solaire) ou récupérée (air extrait, eaux grises, chaleur du bâtiment, …) va devenir indispensable. Et ceci, d’autant que le besoin ECS aux points de puisage est de l’ordre de 20 a 25 kWh/m2/an.
Le poste chauffage et/ou climatisation est également en forte mutation : un besoin d’énergie faible de 5 à 20 kWh/m2.an, une durée de chauffage plus courte (entre 1000 et 2500 h/an), un impact important des pertes de gestion (variation spatio-temporelle), distribution, auxiliaires et de génération. Il ne faut pas oublier les pointes de consommation par temps très froid (ou très chaud), les périodes de relance. De nouveaux concepts se développent et il faut trouver un nouvel équilibre avec des solutions plus souples, bien adaptées en puissance, faciles à mettre en œuvre, à maintenir et à utiliser.
Schématiquement, le poste déperditions est de l’ordre de 60 kWh/m2.an repartis en 3 tiers : parois opaques, baies vitrées et renouvellement d’air neuf. Les apports gratuits récupérés présentent 48 kWh/m2.an avec une répartition équilibrée entre les apports solaires et internes. Le bâtiment de demain devient donc «thermogène»: il assure par lui-même une grande part de son chauffage. Le bilan énergétique des baies vitrées devient neutre. Le gain d’une bonne isolation du bâti peut être complètement neutralisé par une mauvaise perméabilité de l’enveloppe. La récupération équilibrée des apports gratuits du bâtiment va devenir essentielle au bon bilan énergétique et au confort des usagers. Au niveau des équipements, faute de temps et d’un véritable consensus, le traitement n’est pas toujours réaliste et cohérent. Les futures règles de calcul THBCE élaborées en catimini par le CSTB devront être rapidement analysées pour lever les obstacles, en particulier au niveau des différents postes, des pertes des systèmes et leur récupération partielle.
Pour l’éclairage en résidentiel, l’impact de la lumière naturelle est important. Disposer de larges baies vitrées est un gage de confort visuel et d’économie d’énergie. Le développement d’un éclairage basse consommation (fluo-compacte, Leds) mieux géré va contribuer à une moindre consommation, mais paradoxalement à une légère augmentation du poste chauffage.
Pour les auxiliaires (les ventilateurs, pompes et circulateurs), la directive EuP et le labelling vont conduire à diviser par 5 voire 10 leur puissance électrique pour le même service rendu. Avec une meilleure gestion (variation de vitesse), la consommation finale d’énergie sera donc fortement réduite.
Pour être conforme avec la nouvelle réglementation, les points d’étapes essentiels sont :
· La conception avec une véritable synergie de travail entre le maître d’œuvre, le maître d’ouvrage avec du dialogue et des échanges.
· La construction avec des produits performants, certifiés, à faible impact environnemental et des travaux réalisés avec rigueur par les entreprises qualifiées, formées et en bonne relation avec la maîtrise d’ouvrage et d’œuvre.
· Le commissionnement, une étape indispensable trop souvent ignorée et mal réalisée. Elle consiste à mettre en service, bien régler les équipements, informer les usagers, maintenir et entretenir le bâtiment et ses équipements, suivre l’évolution des consommations et le niveau de confort. Ce point qui concerne l’exploitation du bâtiment n’est pas pris en compte dans la RT, c’est bien dommage !
· Le comportement vertueux des usagers pour un confort raisonné et équilibré devra être recherché et encouragé. C’est un point essentiel qui nous permettra de mieux comprendre et d’aller vers une garantie de performance ou de résultats.
La pertinence économique d’un projet devra être recherchée au plus juste.
Source : Cardonnel Ingenierie
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